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GuideÉquipe Syndicop · · 7 min de lecture

Les données des résidents : ce qu'on peut en faire

Une liste de coordonnées est un traitement de données personnelles. Ce que la loi 2004-63 exige — déclaration préalable, consentement écrit — et ce que nous n'avons pas vérifié.

Toute résidence tient une liste : noms, numéros de lot, téléphones, parfois adresses électroniques et professions. Elle circule entre les membres du bureau, se retrouve dans un tableur, parfois dans une conversation de groupe. Presque personne ne se demande à quel titre elle existe.

1. Ce que dit le texte

La loi organique n° 2004-63 du 27 juillet 2004 encadre en Tunisie le traitement des données à caractère personnel. Deux de ses articles concernent directement une copropriété, et surprennent souvent.

Toute opération de traitement des données à caractère personnel est soumise à une déclaration préalable déposée au siège de l'instance.

— Loi organique n° 2004-63, article 7

Le défaut d'opposition de l'Instance dans un délai d'un mois vaut acceptation. L'article 27 ajoute que le traitement ne peut être effectué qu'avec le consentement exprès et écrit de la personne concernée, sous réserve des exceptions prévues par la loi.

Les droits que chaque résident conserve

L'article 32 reconnaît le droit de consulter les données le concernant. L'article 40 permet d'en demander la rectification, le complément ou la modification. L'article 42 ouvre un droit d'opposition au traitement. Une résidence qui refuse à un copropriétaire de savoir ce qu'elle détient sur lui se place hors de ce cadre.

2. Ce que nous n'avons pas vérifié

Les exceptions, et l'existence d'un régime simplifié

L'article 27 réserve des exceptions légales au consentement, et nous n'en avons pas dressé la liste. Nous ignorons également si un régime allégé s'applique à un traitement aussi modeste que le registre d'une résidence. Nous ne dirons donc ni que votre copropriété est en infraction, ni qu'elle est dispensée. Pour votre situation, l'INPDP est l'interlocuteur, et sa réponse vaut mieux que la nôtre.

3. Ce qui relève du simple bon sens, et se fait tout de suite

Applicable dès aujourd'hui, quel que soit le régime

  • Ne collecter que ce qui sert : un numéro de lot et un moyen de contact suffisent à administrer une résidence
  • Dire à quoi servent les données au moment où on les demande
  • Ne pas diffuser la liste complète à tous — la partager, c'est la republier
  • Ne pas afficher publiquement des noms associés à des impayés
  • Répondre à un résident qui demande ce que la résidence détient sur lui, et corriger si c'est faux
  • Restreindre l'accès aux seuls membres du bureau qui en ont l'usage
  • Effacer ce qui ne sert plus : un ancien propriétaire n'a plus à figurer dans un registre actif

4. Ce que cela change quand on choisit un outil

Confier ces données à un logiciel ne les fait pas sortir du cadre : la résidence reste responsable de ce qu'elle collecte. C'est pourquoi la question « comment traitez-vous les données personnelles » est légitime face à un éditeur, et pourquoi une réponse vague est un renseignement.

Recommandation Syndicop

Écrivez en dix lignes ce que votre résidence collecte, pourquoi, qui y accède et combien de temps c'est conservé. Ce document n'a rien d'une formalité : c'est celui qui vous permettra de répondre à un résident inquiet, et de savoir vous-même ce que vous détenez.

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