Devenir syndic bénévole : ce que vous acceptez
Avant de dire oui : à quoi vous vous engagez réellement, ce que vous pouvez refuser, et les trois conditions à poser avant d'accepter le poste.
On vous a proposé le poste en fin d'assemblée, parce que personne d'autre ne se proposait. Avant de dire oui, il y a trois questions à poser — et le bon moment pour les poser, c'est maintenant.
Cet article traite la décision d'accepter
Ce qui vient après — les premières semaines, ce par quoi commencer — est traité dans « Premier mandat au Bureau syndical : les cent premiers jours ».
Ce que vous acceptez vraiment
Pas « gérer l'immeuble ». Concrètement, sur une résidence de trente lots : appeler les charges à intervalle régulier, encaisser et tracer, relancer ceux qui ne paient pas, répondre aux signalements, faire venir des prestataires, préparer une assemblée par an, et tenir les comptes de manière présentable.
Ce n'est pas énorme. Ce qui use, ce n'est pas le volume — c'est d'être la seule personne joignable, et de devoir reconstituer ce que personne n'a écrit.
Ce que vous n'acceptez pas
- Être disponible à toute heure : un canal et un délai de réponse annoncés suffisent
- Avancer de l'argent personnel — jamais, même une fois, même pour dépanner
- Décider seul de dépenses importantes : c'est l'assemblée qui décide
- Arbitrer les conflits privés entre voisins
Les trois conditions à poser avant d'accepter
- 1Un compte au nom du syndicat, et non le vôtre — c'est ce qui vous protège
- 2Un comité de copropriétaires qui contrôle les comptes : l'article 89 du Code des Droits Réels le prévoit, et se faire contrôler évite d'avoir à se justifier seul
- 3Une passation écrite de votre prédécesseur : soldes par lot, contrats en cours, justificatifs. Même imparfaite, même brève
Poser ces conditions n'est pas de la méfiance
C'est ce qui rend le poste tenable, et ce qui permettra à quelqu'un de vous succéder. Une assemblée qui refuse les trois vous dit quelque chose sur la suite.
Combien de temps
Nous ne donnerons pas de chiffre moyen : nous n'en avons pas mesuré. Ce que l'expérience des résidences montre, c'est que la charge dépend beaucoup moins du nombre de lots que de l'état des archives à la reprise.
Une résidence dont les soldes sont à jour se gère en quelques heures par mois. La même résidence, après trois ans sans registre tenu, demande d'abord un travail de reconstitution qui n'a rien à voir avec la gestion.
Sources
- Code des Droits Réels — texte intégral (PDF) — Code du 12 février 1965, modifié notamment par la loi n° 2005-78 du 4 août 2005
- Code des Droits Réels — article 89 — Le comité de trois à neuf propriétaires
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